Sur la confiance et l’assurance :
Et si le problème n’était pas psychologique ?
On parle beaucoup de confiance en soi.
On parle d’estime, de blessures, de schémas inconscients.
Et parfois, c’est pertinent.
Mais parfois… le problème n’est pas psychologique.
Il peut être structurel.
Quand la structure est en cause
Dans la pensée taoïste, le vivant est organisé selon des dynamiques relationnelles.
La théorie des cinq éléments — Bois, Feu, Terre, Métal, Eau — est une modélisation de ces dynamiques.
Chaque individu possède une configuration particulière.
Dans le Bazi, par exemple, une Terre absente, faible ou agressée ne produit pas la même stabilité intérieure qu’une Terre enracinée et soutenue.
Dans certains cas :
Terre faible → difficulté d’ancrage, doute chronique
Eau excessive → hypersensibilité, insécurité diffuse
Eau épuisant la Terre → fatigue, effondrement de l’assise
Parler alors de “manque de confiance” est inexact.
Il ne s’agit pas d’un défaut moral.
Il ne s’agit pas d’un trauma à analyser.
Il s’agit d’un déséquilibre structurel.
Attention : ajouter de la Terre n’est pas une recette
Dans les cas précédents, renforcer la Terre est pertinent.
Mais si votre structure contient déjà beaucoup de Terre ?
En ajouter davantage peut générer :
inertie
lourdeur
rigidité
fatigue
stagnation
La confiance n’est pas un élément. C’est un effet d’équilibre.
La confiance ne naît pas d’un élément isolé.
Elle naît d’un équilibre fonctionnel.
Des structures énergétiques différentes
Nous n’avons pas tous et toutes la même architecture énergétique.
Notre manière de percevoir le monde, de réagir, de décider, de nous exposer, dépend de cette structure.
C’est à partir d’elle que nous construisons notre manière d’être en relation avec l’environnement.
On pourrait parler, avec Humberto Maturana et Francisco Varela, de couplage structurel :
nous ne réagissons pas au monde “en général”, mais au monde tel que notre structure nous permet de le rencontrer.
Modifier le vécu suppose donc parfois de modifier la structure.
Comment nourrir la Terre (si elle est en défaut)
La Terre est la fonction de contenant.
Elle reçoit, transforme, distribue.
Elle digère les aliments comme les expériences.
La renforcer peut passer par :
1. Les rythmes internes
régularité des repas
stabilité des horaires
rituels simples
continuité dans l’action
Les contraintes extérieures peuvent ancrer.
Mais elles ne nourrissent pas forcément la Terre.
La Terre se renforce lorsque la structure est intégrée, pas imposée.
2. Le travail corporel
Dans le Shiatsu, le Tui Na ou l’acupuncture, la règle est simple :
Tonifier la mère. Disperser l’enfant.
Le point de tonification correspond à l’élément qui précède.
Le point de dispersion à celui qui suit.
Par exemple :
2 Rte, point Feu de la Rate, peut soutenir la digestion lorsqu’il est tonifié (pression profonde, rotation lente), si la lecture structurelle le justifie.
Les points Shu du dos sur le méridien de la Vessie sont également précieux pour nourrir les organes correspondants.
Mais rien n’est automatique.
On ne “rajoute” pas un élément comme un complément alimentaire.
On lit la structure et les dynamiques élémentales qui s’y déploient.
3. L’alimentation et le poids
La question du poids est très souvent liée à un déséquilibre de la Terre.
Stockage.
Rumination.
Compulsions.
Difficulté à transformer.
Observer :
la qualité des aliments
la régularité
la nature des pulsions
la capacité de satiété
donne des informations majeures.
La culpabilité n’a jamais renforcé la Terre.
La régulation, oui.
Quand la grille d’analyse est inadéquate.
À vouloir tout expliquer psychologiquement :
on ne trouve pas la cause
et on ne trouve jamais la solution
Non pas parce que la personne résiste. Non par ce qu’elle ne « travaille pas assez sur elle »
Mais parce que l’outil d’analyse ne correspond pas à la nature du problème.
Ce n’est pas toujours un manque d’introspection.
C’est parfois une erreur de modèle.
Et aucune profondeur psychologique ne compense une structure affaiblie.
On applique une grille psychologique cartésienne à une problématique structurelle élémentale, vue par une pensée systémique.
C’est comme chercher une panne électrique avec des outils de plomberie.
Par contre rétablir un équilibre structurel, n’exclue pas d’élaborer mentalement les situations qui exprimaient le déséquilibre.
Construire plutôt que s’analyser
Lorsque le déséquilibre est structurel :
on construit,
on régule,
on rééquilibre,
on soutient l’élément épuisé,
on contient l’élément excessif.
Et lorsque la structure retrouve sa cohérence, l’assurance n’a plus besoin d’être fabriquée.
Elle apparaît comme un effet secondaire d’un système stabilisé.
A suivre (partie 2)