Ce que peut apporter le BaZi…
Lorsque l’on parle de stress, la plupart des personnes pensent immédiatement à une surcharge de travail, à un manque de repos ou à un besoin d’apprendre des méthodes de régulation de son système neuro-végétatif.
Évidemment que tout cela est utile puisque deux individus placés dans une situation très proche ne réagiront pas forcément de la même manière. Il y a bien, visiblement, quelque chose d’individuel dans la façon de vivre une situation.
Mais sommes-nous tous les mêmes dans nos structures internes ? Non, bien sûr.
Sommes-nous tous les mêmes à vivre les mêmes choses dans une « même » situation ? Non, bien sûr.
=> Tant de choses se passent dans le domaine du non-vu, du non-dit, du non-perçu.
Une main baladeuse est-elle vue par l’ensemble du groupe au coeur duquel le geste se produit ? Non, bien sûr.
Un message à voix basse est-il entendu par l’ensemble des personnes en présence ? Non, bien sûr.
Alors que la plupart des membres vont juger et qualifier le comportement réactif de la/le concerné. Voire lui donner des conseils pour se calmer, sans même avoir un début d’idée de ce qu’il se joue dans la réalité de cette personne.
Alors, bien sûr, dans une situation particulière, l’un pourra conserver une certaine stabilité alors que l’autre se sentira rapidement dépassé, épuisé ou désorganisé. Mais est-ce vraiment quelque chose qui peut être amélioré par un travail sur soi ? Cela dépend certes profondément :
- de la manière dont chacun fonctionne ;
- de sa relation au réel ;
- de ses fragilités ;
- de ses ressources ;
- et de sa capacité à s’adapter aux situations rencontrées.
Mais tant d’autres choses entrent en jeu.
Quel est le mouvement qui vient d’impacter la personne, et comment se couple-t-il avec sa structure ? Le feu n’a pas le même impact sur le métal, que sur le bois et que sur l’eau. C’est précisément pour ces raisons qu’une meilleure connaissance de soi peut jouer un rôle majeur dans la réduction durable du stress.
Le stress naît souvent d’un décalage
Le stress chronique apparaît fréquemment lorsqu’il existe un écart durable, perçu ou non, entre :
- ce que la personne est réellement ;
- ce qu’elle pense devoir être ;
- et ce que son environnement exige d’elle.
Certaines personnes s’épuisent à fonctionner constamment contre leur propre dynamique naturelle. D’autres cherchent à maintenir des rythmes, des responsabilités ou des modes relationnels qui demandent une quantité d’énergie intérieure considérable. Sans compter les narrations auto-construites ou imposées de l’extérieur, desquelles on ne se discerne même plus.
Parfois, ce ne sont même pas les difficultés elles-mêmes qui créent le plus de tension, mais le sentiment de ne plus parvenir à comprendre ce qui nous désorganise réellement.
C’est alors qu’apparaît progressivement un sentiment d’impuissance. Et ce sentiment possède une particularité importante : plus il s’installe, plus il augmente l’état de stress général.
Le mental anticipe davantage. Le corps reste en vigilance. L’attention se disperse. Les tensions s’accumulent.
Autour, les injonctions bienveillantes à « lâcher prise », à « gérer son stress » ou à « lâcher le mental » se multiplient…
La personne finit parfois par avoir l’impression de subir, d’en être responsable, voire coupable, sans réellement comprendre pourquoi certaines situations deviennent aussi coûteuses intérieurement. Alors que d’autres semblent si épanouies dans les mêmes lieux et mêmes contextes.
Mais qu’est ce qu’il se vit vraiment pour cette personne ici et maintenant ? sur quoi a-t-elle la main ? sur quoi ne l’a-t-elle pas ? Généralement cette simple identification et reconnaissance de l’impact généré permet d’alléger la charge de la culpabilité et d’une responsabilité mal placée.
Se connaître permet de mieux s’ajuster
Aucune identification à un modèle de personnalité. Il s’agit d’observer les dynamiques et les interactions :
- ses tendances naturelles ;
- ses modes de fonctionnement ;
- ses points d’équilibre ;
- ses fragilités ;
- ses rythmes ;
- et la manière dont certaines situations influencent profondément notre organisation intérieure.
Et cela demande de remettre une partie de notre attention et de notre capacité de discernement vers l’extérieur. Pas vers l’environnement, mais vers la façon dont on se couple avec notre environnement. Et bien sur, envisager ce qu’il est possible de modifier subtilement en fonction du réel, et pas de ce qui est fantasmé ou narré.
Lorsque ces éléments restent méconnus, beaucoup de personnes tentent de répondre aux exigences du quotidien uniquement par l’effort, le contrôle, l’adaptation permanente. Et, bien sûr, par diverses formes de thérapie aussi nombreuses que créatives et certainement efficaces. Mais une adaptation continue sans compréhension de soi et de son contexte finit souvent par devenir extrêmement coûteuse à moyen et long terme.
À l’inverse, lorsqu’une personne commence à mieux identifier :
- ce qui la nourrit réellement ;
- ce qui l’épuise ;
- les contextes qui favorisent sa stabilité ;
- les mécanismes qui la désorganisent ;
- les aspects qui la renforcent ;
elle peut progressivement retrouver une relation plus lucide et plus ajustée à son propre fonctionnement. Et cette lucidité réduit souvent une partie importante du stress inutile.
Je note ici combien il est intéressant de constater que le processus de clarification des niveaux logiques et des différents niveaux de contexte est devenu rédhibitoire en ce moment. Comme si tout, absolument tout, dépendait de l’individu et de tout ce qu’il a à « travailler en thérapie ». Celà me questionne de plus en plus fortement.
Car l’être humain, doté d’un cortex préfrontal, a quelques exigences minimales pour fonctionner correctement dans son environnement, et les nier lorsqu’il dysfonctionne émotionnellement ou corporellement, c’est comme partir en randonnée avec une carte à trous ou sans légende.
Le BaZi comme outil de lecture de soi
Dans cette perspective, le BaZi constitue un outil particulièrement intéressant.
Souvent réduit à tort à une forme de prédiction simpliste, le BaZi peut être abordé d’une manière beaucoup plus structurée et utile : comme une grille de lecture des dynamiques humaines.
Il permet d’observer différentes tendances liées notamment :
- aux modes d’énergie ;
- aux équilibres internes ;
- aux formes d’interaction avec l’environnement ;
- aux rythmes ;
- aux modes de réaction ;
- ou encore aux types de tensions récurrentes.
L’objectif n’est pas d’enfermer une personne dans une définition. Bien au contraire.
L’intérêt d’une telle lecture est d’aider à mieux comprendre :
- pourquoi certaines situations deviennent particulièrement coûteuses ;
- pourquoi certains environnements épuisent davantage ;
- pourquoi certaines périodes génèrent plus de déséquilibre ;
- ou pourquoi certaines stratégies d’adaptation fonctionnent mal pour certains malgré tous les efforts fournis.
Alors qu’elles ont fonctionné pour d’autres.
Le BaZi peut être un support d’observation et de réflexion permettant d’améliorer la connaissance de soi et la compréhension de sa relation au monde. Comme il est construit sur la théorie des 5 mouvements taoistes, il conviendra mieux a des personnes qui cherchent à retrouver une fluidité interne, une structure stable n’empêchant pas les mouvements fonctionnels, plutôt qu’une image fixe, définitive et rassurante.
Comprendre plutôt que lutter en permanence
Peut-être est-ce mon grand âge (ok, pas si grand que cela, mais les décennies d’expérience commencent a s’accumuler quand même, offrant une certaine perspective sur les récurrences), mais je ne peux que constater que beaucoup de personnes vivent dans une logique d’opposition permanente à elles-mêmes. Tentant de devenir la meilleure version de quelque chose qu’elle ne connaissent pas finalement.
Elles tentent de corriger leurs difficultés uniquement par davantage de volonté, de contrôle, de discipline, ou de lâcher prise, sans réellement comprendre l’organisation globale qui produit ce contre quoi elles luttent en interne. Et surtout comme si elles étaient une pâte à modeler pouvant être modifiée à volonté en fonction des contextes.
Or, il est difficile de réduire durablement le stress lorsque l’on fonctionne continuellement contre sa propre structure. Surtout lorsque l’on dénie toute implication de l’environnement, tant on veut se convaincre de sa toute puissance sur sa vie. Merci la modernité.
Comprendre son fonctionnement ne supprime pas toutes les difficultés du réel. Mais cela permet souvent :
- de mieux répartir son énergie ;
- de reconnaître certaines limites avant l’épuisement ;
- d’éviter certaines formes de surcharge inutile ;
- et surtout, de retrouver un sentiment de cohérence intérieure, et de le maintenir dans le chaos ambiant.
Cette cohérence joue un rôle essentiel dans la diminution du sentiment d’impuissance et de la culpabilité. Car lorsqu’une personne commence à mieux comprendre les mécanismes qui influencent son équilibre, elle retrouve progressivement une capacité d’action plus réaliste et plus stable, à une échelle qui lui convient.
Réduire le stress demande effectivement un changement de regard et de mode d’élaboration de ses choix.
Le stress ne se réduit pas uniquement par le repos, par des techniques de détente, ou par la tentative de « maîtriser » son système neuro-végétatif (bien sûr que c’est nécessaire, efficace et central, mais ce n’est pas SUFFISANT).
Il implique souvent un travail plus profond autour de la compréhension de soi, de ses modes de fonctionnement face aux choix (et aux renoncements associés) et de sa manière d’habiter le réel. C’est-à-dire sa manière de se coupler avec la réalité contextuelle.
Dans cette perspective, le BaZi ne cherche pas à fournir des réponses toutes faites ni à prédire une destinée immuable.
Il peut plutôt servir de point d’appui pour développer une observation plus fine de soi-même et des dynamiques qui traversent notre existence. Les dynamiques intérieures et extérieures.
Car le BaZi offre cette possibilité rare d’aborder la notion de temporalité. C’est-à-dire de voir les dynamiques sur lesquelles nous n’avons pas la main et qui viennent parfois franchement nous impacter.
Mieux se connaître ne supprime pas toutes les contraintes générant du stress. Mais cela permet souvent de ne pas y ajouter la lutte aveugle contre ce que l’on ne comprend pas encore de soi-même. Mais ces mouvements qui existent à l’intérieur et à l’extérieur, s’expriment d’une façon ou d’une autre dans nos vies et dans notre relation au monde. Et ce, qu’on veuille les regarder ou pas.