L’énergie …. occident vs orient

Dans un premier temps, rappelons simplement que l’énergie est une production normale de tout corps vivant. Et que cette production est nécessaire pour rester vivant. On appelle cela les besoins métaboliques énergétiques.

Lorsqu’elle ne se fait plus, pour une raison ou une autre, on meurt. Cela parait bête dit comme cela, et fait presque sourire.

Et pourtant, j’entends encore des réflexions du genre, « l’énergie »?  c’est quoi ces conneries » !?

Il y a quelques années j’ai vraiment bataillé pour tenter d’expliquer ce que je vivais et comprenais…. et c’est certainement pour cela que j’ai tant cherché par de multiples entrées disciplinaires.

Maintenant je ne bataille plus du tout, et j’invite quiconque s’oppose ou doute de la présence « d’énergie » dans le corps humain à lire un bon cours scolaire de niveau 1ère Sciences et vie de la Terre….

https://www.superprof.fr/ressources/scolaire/svt/cours-svt5/1ere-s-svt5/energie-metabolique.html

La « production » d’énergie, se situe au niveau cellulaire, et résulte de la rupture des liens moléculaires au sein de la mitochondrie. Cette réaction produit à la fois l’énergie qui permet la mobilité musculaire et la chaleur qui va être évacuée par le corps grâce à la transpiration (qui refroidit le corps par l’utilisation de la chaleur pour évaporer l’eau). C’est pourquoi plus on produit d’énergie, plus on a chaud. Nous avons tous cette connaissance intuitive que l’effort physique produit de la chaleur. C’est pourquoi on bouge sur place spontanément lorsque l’on a froid.

Vous avez également tous et toutes une connaissance intuitive de votre niveau d »énergie le matin quand vous vous levez. Et il est bien sur, non seulement bienvenu de savoir agir sur ce niveau d’énergie. Nous verrons dans deux autres articles, à la fois ce qui participe à améliorer cette sensation d’énergie le matin, et aussi quels sont les éléments qui influent à la baisse sur celui-ci.

Mais alors pourquoi tant de luttes et d’incompréhension autour de la notion d’énergie ?

L’énergie ? Une « incompréhension » toute occidentale…

C’est indéniable que le terme énergie qui traduit le Chi/Ki/Prana en français, déchaine les passions tristes. Et même les médecins, réfutent sans l’interroger, la notion d’énergie de la Médecine Traditionnelle Chinoise.

Mais peut-être que c’est la traduction Chi = énergie, qui n’est pas vraiment adéquate pour notre culture cartésienne ?


En effet, pour nous occidentaux, le terme «énergie » est avant tout un terme de physiciens, que l’on aborde dès l’école. En effet, l’énergie sert à mesurer le mouvement et la transformation de la matière.

Ceux-ci protègent donc vigoureusement leur sémantique. Et ils ont raison ! Mais alors comment fait-on pour parler de l’énergie sans bousculer les définitions physiques. Nous manquons de lexique sur cet aspect.

Pour ma part, je parle au quotidien de l’énergie du vivant, de l’énergie des corps vivants, de l’énergie cellulaire, de l’énergie en mouvement…. Mais je reconnais que si je pouvais trouver un terme moins polémique j’apprécierais vraiment.

Et en même temps comme dirait l’autre, en sport on parle bien d’énergie, en nutrition on parle bien d’énergie, sur le plan émotionnel on parle bien d’énergie (l’énergie de la tristesse n’est pas du tout la même que l’énergie de la colère, ni que celle de la peur, …) etc, etc….

D’autre part, il faut noter tout de même que les tensions disciplinaires dont je parlais plus haut (entre ceux qui limite l’énergie à sa définition en physique) résultent aussi de restes de vieux conflits épistémologiques, ayant eu lieu au cours des siècles antérieurs entre les rationnels et les vitalistes.

Bref, pour l’occident aristotélicien et cartésien, on ne rigole pas avec l’énergie ! C’est ou c’est pas de l’énergie ! Et si c’est l’énergie des physiciens, ce n’est rien d’autre. Et là, on constate l’importance d’avoir des mots ou non pour exprimer un vécu, une expérience, une vision des choses. Comment parler du Chi, sans utiliser le mot « énergie » ?

Ainsi, l’énergie est un concept scientifique, totalement défini et catégorisé : « l’énergie, c’est la mesure d’une transformation de la matière, d’un travail effectué ».

Ses différentes formes, bien que multiples, sont tout aussi précisément caractérisées :

énergie mécanique, électrique, thermique, chimique, énergie nucléaire, énergie cinétique, gravitationnelle, énergie potentielle…..  Cela vous rappelle certainement les cours de physique et de chimie du Lycée…

Et pourtant l’énergie reste un mystère pour les scientifiques, qui ne savent actuellement la définir que par ses effets sur la matière.

Or, l’énergie dans les cultures asiatiques est un concept fondamental, dont la circulation (et la non circulation) explique à peu près tout dans l’univers, depuis l’échelle macroscopique jusqu’à l’échelle microscopique. L’homme étant totalement intégré au Grand Tout, il est soumis aux mêmes lois. Et l’univers est ramené à ce mouvement de deux forces qui sont en interaction constante, intime et indissociable.  C’est ce mouvement constant entre ces deux polarités qui crée l’équilibre.

Si on tente de remplacer le mot énergie, il est possible de qualifier le chi avec laquelle travaillent les différents arts et pratiques extrêmes orientales, comme étant le souffle vital, l’essence vitale. Mais à la condition de se rappeler que ce souffle vital met en mouvement l’ensemble de l’univers. 

    Il prend des formes différentes et subtiles. Ainsi au coeur de l’être humain se distinguent l’énergie ancestrale présente à la naissance; l’énergie mentale (la conscience), l’énergie fournie par les aliments, l’air et l’eau.

    A quoi s’ajoute, l’énergie de la Terre et l’énergie du Cosmos, potentiellement nourrissantes pour l’être humain.  De l’art d’apprivoiser l’ensemble de ces énergies, les taoïstes ont fait un art de vivre.

Balivernes !! Charlatanisme !!! diront les puristes cartésiens et autres scientistes.

Mais s’ils peuvent mimer l’incompréhension à ce point là, c’est qu’ils ont tout simplement oublié, que nous avions aussi ce type de théorie en occident, bien qu’un peut moins universelle : le vitalisme. Celui-ci est né à la même époque que la théorie à laquelle il s’est farouchement opposé : le cartésianisme.

Et ce dernier s’est imposé, avec le succès que l’on connait. Il a de fait, relégué le vitalisme au rang de croyance insensée et désuète. C’est important d’avoir une idée de l’évolution de nos sciences (épistémologie) et de la façon dont les conflits paradigmatiques se résolvent toujours selon le postulat du tiers exclu.

Mais, en 2021, à l’heure où la physique quantique est une réalité scientifique avérée, et se vulgarise de multiples façon, c’est presque caricatural de penser encore en fonction du tiers exclu. Et pourtant….

Bref, l’intégration des connaissances nécessite la connaissance des liens qui s’établissent entre celles-ci et entre leurs différents niveaux d’organisation. 

Aujourd’hui, nous sommes toujours sous l’égide de pensée de Descartes, et aussi celle d’Aristote. En effet, la règle aristotélicienne du « tiers exclus » participe à notre notre fragilité occidentale. Car structurellement nos systèmes de pensée s’excluent au lieu de s’enrichir mutuellement. Ainsi, chaque découverte décrédibilise et détruit ce qui la précédait.

Aujourd’hui, nous sommes toujours sous l’égide de pensée de Descartes, et aussi celle d’Aristote. En effet, la règle aristotélicienne du « tiers exclus » participe à notre notre fragilité occidentale. Car structurellement nos systèmes de pensée s’excluent au lieu de s’enrichir mutuellement. Ainsi, chaque découverte décrédibilise et détruit ce qui la précédait.

Dommage, car si le vitalisme avait pu survivre aux cotés du cartésianisme, peut-être nos physiciens pourraient-ils aujourd’hui entendre que la matière vivante ne réagit pas tout à fait comme la matière inerte. Elle comporte au moins une loi de plus, celle de l’auto-organisation dynamique.

Pour la pensée asiatique, la maladie s’installe quand l’énergie ne circule pas ou plus. Donc, en toute logique, la préservation de la santé passe par le fait de faire circuler l’énergie, et de maintenir son harmonisation.

L’imagination n’a alors pas de limite et ils ont développé des arts incroyables pour cela : acupuncture, massages, exercices, techniques respiratoires, arts martiaux externes et internes et toutes les pratiques associées et/ou en résultant. L’ art de vivre des taoïstes dont nous parlions précédement.

Vous avez également tous et toutes une connaissance intuitive de votre niveau d »énergie le matin quand vous vous levez. Et il est bien sur, non seulement bienvenu de savoir agir sur ce niveau d’énergie. Nous verrons dans deux autres articles, à la fois ce qui participe à améliorer cette sensation d’énergie le matin, et aussi quels sont les éléments qui influent à la baisse sur celui-ci.

Mais en attendant mes prochains articles, essayez d’y répondre par vous-même.

– Sentez-vous les différences « d’énergie qui vous habitent au réveil, en fonction des matins ?

– celle que l’on va chercher dans l’alimentation quotidienne ? Sentez-vous une différence de votre niveau d’énergie, quand vous avez faim ? Et après le repas ?

– reconnaissez-vous celle d’un câlin fait avec votre enfant, avec un être aimé ?

– et que dire des mouvements intérieurs au gré des couleurs émotionnelles. Vous est-il aisé de reconnaitre l’énergie de la colère de l’énergie de la joie ?

– sentez-vous l’énergie qui circule déjà quand on se prépare à une séance de sport intense ? Et plus encore, quand on est dans l’effort.

N’est-ce pas l’épuisement de votre énergie qui vous oblige a cesser de courir lors de votre entrainement pour le semi-marathon que vous préparez depuis 6 mois ? Et cette énergie ne s’est-elle pas reconstituée dans les jours qui suivent ?

– et la douceur, la chaleur qui vous envahissent dans la beauté d’un moment  de contemplation. Que ce soit, devant la délicatesse d’un papillon, ou devant la beauté absorbante d’un coucher de soleil.

N’est-ce pas un mouvement de votre énergie interne ?

Bref, l’énergie a de multiples acceptions, comme tant de mots en français. Et c’est le contexte de la communication et le contexte disciplinaire dans lequel il est utilisé qui permet de saisir le sens.

Rien de plus banal dans la langue française finalement. Alors invitons tous les physiciens à faire du Chi Quong, de la méditation et à recevoir régulièrement Shiatsu pour adoucir le sujet et laisser l’énergie librement circuler.

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