L’énergie …. occident vs orient

L’énergie ? Une « incompréhension » toute occidentale…

C’est indéniable que le terme énergie qui traduit le Chi/Ki/Prana en français, déchaine les passions tristes. Et même les médecins, réfutent sans l’interroger, la notion d’énergie de la Médecine Traditionnelle Chinoise. Mais n’est-ce pas la traduction Chi = énergie, qui pas vraiment adéquate ?

En effet, pour nous occidentaux, le terme «énergie » est avant tout un terme de physiciens, que l’on aborde dès l’école. En effet, l’énergie sert à mesurer le mouvement et la transformation de la matière. Ceux-ci protègent donc jalousement leur sémantique.

D’autre part, il apparait quand même, des restes de vieux conflits épistémologiques des siècles antérieurs entre les rationnels et les vitalistes, dont il ne convient pas de retrouver la mémoire.

Bref, pour l’occident aristotélicien et cartésien, on rigole pas avec l’énergie ! C’est ou c’est pas de l’énergie ! Et si c’est l’énergie des physiciens, ce n’est rien d’autre. Et là, on constate l’importance d’avoir des mots ou non pour exprimer un vécu, une expérience, une vision des choses. Comment parler du Chi, sans utiliser le mot « énergie » ?

Ainsi, l’énergie est un concept scientifique, totalement défini et catégorisé : « l’énergie, c’est la mesure d’une transformation de la matière, d’un travail effectué ».

Ses différentes formes, bien que multiples, sont tout aussi précisément caractérisées :

énergie mécanique, électrique, thermique, chimique, énergie nucléaire, énergie cinétique, gravitationnelle, énergie potentielle….. 

Cela vous rappelle certainement les cours de physique et de chimie du Lycée… Et pourtant l’énergie reste un mystère pour les scientifiques, qui ne savent actuellement la définir que par ses effets sur la matière.

Or, l’énergie dans les cultures asiatiques est un concept fondamental, dont la circulation (et la non circulation) explique à peu près tout dans l’univers, depuis l’échelle macroscopique jusqu’à l’échelle microscopique. L’homme étant totalement intégré au Grand Tout, il est soumis aux mêmes lois. Et l’univers est ramené à ce mouvement de deux forces qui sont en interaction constante, intime et indissociable.  C’est ce mouvement constant entre ces deux polarités qui crée l’équilibre.

Si on tente de remplacer le mot énergie, il est possible de qualifier le chi avec laquelle travaillent les différents arts et pratiques extrêmes orientales, comme étant le souffle vital, l’essence vitale. Mais à la condition de se rappeler que ce souffle vital met en mouvement l’ensemble de l’univers. 

    Il prend des formes différentes et subtiles. Ainsi au coeur de l’être humain se distinguent l’énergie ancestrale présente à la naissance; l’énergie mentale (la conscience), l’énergie fournie par les aliments, l’air et l’eau.

    A quoi s’ajoute, l’énergie de la Terre et l’énergie du Cosmos, potentiellement nourrissantes pour l’être humain.  De l’art d’apprivoiser l’ensemble de ces énergies, les taoistes ont fait un art de vivre.

Balivernes !! Charlatanisme !!! diront les puristes cartésiens.

Mais s’ils peuvent mimer l’incompréhension à ce point là, c’est qu’ils ont tout simplement oublié, que nous avions aussi ce type de théorie en occident, bien qu’un peut moins universelle : le vitalisme. Celui-ci est né à la même époque que la théorie à laquelle il s’est farouchement opposé : le cartésianisme.

Et ce dernier s’est imposé, avec le succès que l’on connait. Il a de fait, relégué le vitalisme au rang de croyance insensée et désuète.

Aujourd’hui, nous sommes toujours sous l’égide de pensée de Descartes, et aussi celle d’Aristote. En effet, la règle aristotélicienne du « tiers exclus » participe à notre notre fragilité occidentale. Car structurellement nos systèmes de pensée s’excluent au lieu de s’enrichir mutuellement. Ainsi, chaque découverte décrédibilise et détruit ce qui la précédait.

Dommage, car si le vitalisme avait pu survivre aux cotés du cartésianisme, peut-être nos physiciens pourraient-ils aujourd’hui entendre que la matière vivante ne réagit pas tout à fait comme la matière inerte. Elle comporte au moins une loi de plus, celle de l’auto-organisation dynamique.

Pour la pensée asiatique, la maladie s’installe quand l’énergie ne circule pas ou plus. Donc, en toute logique, la préservation de la santé passe par le fait de faire circuler l’énergie, et de maintenir son harmonisation.

L’imagination n’a alors pas de limite et ils ont développé des arts incroyables pour cela : acupuncture, massages, exercices, techniques respiratoires, arts martiaux externes et internes et toutes les pratiques associées et/ou en résultant. L’ art de vivre des taoïstes dont nous parlions précédement.

Alors l’énergie dans le corps, ca existe ou pas ?

Essayez d’y répondre par vous-même.

– Sentez-vous les différences « d’énergie  qui vous habitent au réveil, en fonction des matins ?

– celle que l’on va chercher dans l’alimentation quotidienne ? Sentez-vous une différence de votre niveau d’énergie, quand vous avez faim ? Et après le repas ?

– reconnaissez-vous celle d’un câlin fait avec votre enfant, avec un être aimé ?

– et que dire des mouvements intérieurs au gré des couleurs émotionnelles. Vous est-il aisé de reconnaitre l’énergie de la colère de l’énergie de la joie ?

– sentez-vous l’énergie qui circule déjà quand on se prépare à une séance de sport intense ? Et plus encore, quand on est dans l’effort.

N’est-ce pas l’épuisement de votre énergie qui vous oblige a cesser de courir lors de votre entrainement pour le semi-marathon que vous préparez depuis 6 mois ? Et cette énergie ne s’est-elle pas reconstituée dans les jours qui suivent ?

– et la douceur qui vous envahit dans la beauté d’un moment  de contemplation. Que ce soit, devant la délicatesse d’un papillon, ou devant la beauté absorbante d’un coucher de soleil. N’est-ce pas un mouvement de votre énergie interne ?